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La ville des femmes – Transcript
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- L'architecte Lisa legrini expose que 65 % des femmes déclarent éprouver un sentiment d'insécurité dans les espaces publics malgré des statistiques de violence plus élevées chez les hommes.
- Les déplacements des femmes dans l'espace public sont principalement conditionnés par les tâches domestiques et parentales, représentant 71 % des tâches ménagères et 75 % des accompagnements.
- Lisa legrini présente une boîte à outils urbanistique axée sur le confort, la diversité, l'attrait des rez-de-chaussée et la covisibilité pour bâtir des espaces plus égalitaires.

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bon et bonjour donc cet après-midi nous vous invitons à échanger sur la ville et lesparin un sujet qui concerne chacun et chacune ici présent malgré la vocation de la ville à être un espace divers et accessible à tous dans la réalité nous sommes loin de cette vision aujourd'hui nous vous proposons de découvrir la ville et sa conception sous l'angle du
genre avec notre prochaine intervenante Lisa legrini architecte diplômée par l'École nationale supérieure d'architecture de Bretagne chargée d'études urbanisme et aménagement au sein de l'agence un acte àouin spécialiste du genre et de l'Urbanisme égalitaire elle travaille notamment sur la place des femmes dans l'espace public et sur la construction d' ville que les femmes puvant se
réapproprier bonjour à tous merci préilia pour la présentation et l'invitation euh donc comme préilia l'a dit je suis architecte au sein de l'agence en acte architecture et il se trouve que dans le cadre de mes études et de mon mémoire je me suis intéressée à la question des femmes dans l'espace public et et dans la ville et je vais
vous faire une petite présentation aujourd'hui euh alors pour commencer la ville et ses espaces publics sont un lieu de rencontre un lieu de mouvement l'aménagement des espaces induit des pratiques mais aussi une mise en scène des groupes sociaux présents sur ces espaces l'espace public se veut ouvert à tous et aucune condition ne filtre les entrées en effet l'espace public et l'armature de la ville offrant le cadre de mise en relation des citoyens il lie
le bâti d'une ville à son mobilier ces espaces sont porteurs de diverses enjeux ils sont la clé du bien vivre ensemble et il sont les garants de l'intégration sociale le lieu de la communauté et de la mixité sociale or de nos jours il est aisé de remarquer que les femmes et les hommes ne s'y déplacent pas de la même manière n'utilisent et ne fréquentent pas les mêmes lieux et ne sont pas exposés aux mêmes problématiques euh leurs motifs et les déplacements de ces derniers ne sont pas les mêmes ainsi
l'espace dit public perd de son sens et de sa fonction puisque euh excluant certaines populations il n'est pas totalement publi et encore moins neutre en ce sens l'espace public creuse les inégalités et exclut les populations vulnérabl y compris les femmes les changements sociaux et économiques qui ont lieu aujourd'hui remettent en cause l'organisation de la ville et ces villes ne sont plus à l'image de notre société elles ont été F elles ont été faites
pardon par et pour les hommes et euh nous devons reprendre en compte ces ces problématiques alors la question que je me pose c'est quel futur pour les femmees dans la ville aujourd'hui quelle est la ville des femmes et quelle est ma ville quand je suis une femme donc les premières questions que je me suis posée c'est pourquoi les femmes ont-elles un sentiment d'insécurité plus important que les hommes pourquoi et comment nos usages et nos comportement dans la ville sont si
différents et comment ils produisent et renforcent les normes de genre créant ainsi des discriminations et des inégalités profondes on va commencer avec un chiffre 65 %. c'est 65 % des femmes ont peur dans les espaces publics le sentiment d'insécurité désigne le sentiment d'anxiété ou de peur qu'une personne ou un groupe de personnes puisse ressentir devant ce qui
peut advenir c'est le sentiment de vivre dans un environnement physique ou social favorisant les ententes aux personnes il s'oppose au sentiment de sécurité et de sérénité et donc dans la vie de tous les jours 65 % des femmes déclarent avoir un sentiment d'insécurité dans les espaces publics or le sentiment de sécurité est l'un des points centraux de la fréquentation d'un lieu mais statistiquement ce sont les hommes qui sont le plus souvent victimes de violence dans l'espace public or ils sont trois fois moins nombreux que les
femmes à déclarer éprouver un sentiment d'insécurité ainsi les femmes craignent d'être victimes d'agression dont statistiquement elles sont relativement épargnées en comparaison avec les hommes alors pourquoi les femmes ressentent-elles un sentiment d'insécurité si statistiquement elles sont moins victimes de violence dans l'espace public c'est assez simple vous allez voir donc le premier la première raison c'est la peur car ce son sentiment d'insécurité est alimenté par la peur cette même peur s'apprend depuis
l' enfance par l'éducation la presse les médias les réseaux sociaux par les recommandations également de la police ou du gouvernement il véhicule tous l'idée selon laquelle les femmes sont des cibles potentielles les femmes ont peur car elles sont exposées de façon permanente à l'éventualité des violences on a Elisabeth stenko professeur émérite anglaise en criminologie et sociologie qui nuance ses statistiques car cette contradiction n'est qu'apparente elle
estime que l'expérience de la violence va presque de soit pour les femmes elle leur est commune et quotidienne et celle-ci garde constamment à l'esprit le fait qu'elle risque d'en subir donc en seconde raison on a l'autocontrôle et les stratégies d'évitement les femmes sont statistiquement moins victimes de violence dans l'espace public car elles s'autocontrôle et se restreignent c'est-à-dire qu'elles s'imposent des limites et des restrictions elles ne vont pas fréquenter les mêmes lieux que
les hommes et elles s'impose des restrictions au quotidien il s'agit d'autocontrôle de lieux ou de moment de la journée considéré comme plus dangereux les femmes élaborent dont des stratégies pour faire face aux inconvénients qui découlent de l'espace public ensuite euh non pardon en terme de d'autocontrôle donc on a la nuit et en observant l'attitude des femmes dans l'espace public Elizabeth Stanko insiste
sur le fait que les femmes doivent toujours jauger euh elles mettent en place une vigilance mentale qui va engendrer de l'autocontrôle mais est-ce que toutes les femmes réagissent de la même manière pour parer à ce sentiment de peur et d'insécurité face à la nuit et donc il kkela qui est euh je sais plus excusez-moi j'ai plus le la note bref elle a fait un constat
assez déconcertant à Helsinki où en fait on a une différence entre les nuits d'été et les nuits d'hiver qui sont beaucoup plus courtes en en hiver en été pardon qu'en hiver et en fait les femmes ne font pas la distinction entre les nuits d'hiver et et d'été elles font juste référence au fait que le que le le pardon euh elles font juste référence à la dimension en fait sociale et à l'image que nous avons tous du soir et de la nuit et donc les femmes
s'autocontrôlent même lorsqu'il fait plus jour les nuits d'été euh ensuite la troisème la troisème raison de ce sentiment d'insécurité c'est la légitimité les femmes ne sont et ne se sentent pas légitimes dans la ville pour rappel se sentir légitime c'est être convaincu qu'on a le droit de circuler dans la ville et que l'on est libre et est bienvenu dans un espace à l'inverse ne pas se sentir légitime c'est avoir l'impression de ne pas être à sa place de déranger ou d'être dans un
environnement qui n'est pas fait pour nous en ville la posture du flanur est assez légitime pour l'homme tandis que les femmes vont davantage se sentir légitime dans l'espace privé cette différence de posture entre les hommes et les femmes reste présente aujourd'hui et fait que les femmes adoptent dans un espace public une certaine attitude de crainte d'être interpellé ou qu' leur arrive quelque chose la lé légitimité pardon des femmes à se trouver dans l'espace public est
mise à rue d'épreuve dans la ville où il y a un continuum de signaux masculins notamment avec les noms de rue euh mais également les le design urbain avec des images avec un continuum pardon d'images où la femme est relayée à son statut d'objet sexuel des images publicitaire au caractère sexuel explicite on peut donc se demander quels messages sont véhiculés aux jeunes filles qui se construisent et qui apprennent
appréhender l'espace public et la ville et ensuite la dernière raison de tout cela ce sont les statistiques car les violences telles que le harcèlement de rue ou les remarques sexistes ne sont pas prises en compte dans les statistiques eu donc c'est la la dernière raison ensuite on a un constat physique les les villes sont peu adaptées les nombreux changements sociaux et économiques
démographique en œuvre dans notre société ainsi que la le souci de la qualité de l'environnement remett aujourd'hui en cause bon nombre de nos principes sur lequels s'est fondé l'urbanisme du 19e et 20e siècle parmi ces changements nous pouvons noter l'émergence d'une nouvelle civilisation urbaine aspirant à concilier vie professionnelle vie personnelle vie associative et loisirs par ailleurs l'apparition de nouvelles structures familiale et une participation accrue des femmes au marché du travail ont
modifié également le temps des villes comme nous avons pu l'observer les femmes et les hommes ne profitent pas de la même façon des ressources offertes par la ville notamment en ce qui concerne l'accès aux espaces publics l'architecture et l'urbanisme produisent des espaces devant répondre aux besoins d'un individu moyen qui s'il n'est pas pensé comme sexué SEM pourtant se confondre assez étroitement avec la norme masculine pour ne prendre qu'un exemple propre au monde architectural le
moduur imaginé et dessiné par le corp busier figure une morphologie humaine standardisée qui culmine 1,80 et possède une silhouette clairement masculine même symbolique il est une unité de mesure pour quiconque est en bonnne condition physique et peut jouir de sa liberté dans l'espace public comme il le souhaite il n'a jamais été pensé comme ayant à sa charge une personne dépendante un enfant ou en étant à mobilité
réduite l'autre constat ce sont les déplacements conditionnés en effet beaucoup de femmes pour beaucoup de femmes l'espace public est une extension de l'espace domestique en effet c une étude de l'INC de 2015 71 % des femmes effectuent les tâches ménagères 65 % des femmes assurent les tâes parentales et les femmes réalisent 75 % des accompagnements des enfants des personnes âgées et des personnes à mobilité réduite en bref les trajets
quotidiens des femmes dans l'espace public sont conditionnés à un besoin de l'entourage proche ou du voisinage enfants foyer aide aux personnes âgées et cetera on appelle cela le C donc les femmes en fait subissent plus la la ville qu'elle ne l'occupe et ensuite la dernière raison c'est la ville des hommes yvrebo qui est géographe du genre soulligne dans son livre la ville faite par et pour les hommes que la ville des grands hommes n'est pas seulement une ville du passé
elle se construit également sous nos yeux sous la forme de grands stade consacré au football au rugby et destiné presque exclusivement à un public d'homme elle se construit aussi à travers un archipel de petits espaces tels que des City stad des skate parks ou des terrains pétan qui sont d'autant d'Ilo spécifiquement dédiés au loisirs masculins les inégalités parlent d'elles-même avec des chiffres en France les équipements de loisirs mis à la disposition des jeunes de 8 à 20 ans par
les collectivités servent deux fois plus aux garçons qu'aux petites filles car 75 % des budgets publics destinés au loisirs des jeunes profitent aux garçons seulement l'hypersociabilisation des garçons dans les espaces publics par le sport produit probablement l'effet inverse de celui souhaité en effet perçu comme un prolongement de l'hégémonie masculine dans l'espace public ses équipements et lieux génèrent des sentiments d'insécurité le géographe du genre ivrebo relate que les filles
interrogées lors de cette étude déclarent pourtant souhait euh déclareent pourtant souhaiter sortir s'amuser jouer dehors mais l'absence de comidité et de service de lieu d'dé ou explicite en raison de l'agressivité des garçons des conseils de prudence des parents et de l'entourage les empêchent de faire tout cela ainsi dès l'enfance les les garçons apprennent à s'approprier l'espace et à l'occuper et les femmes apprennent à le
partager ainsi dès l'enfance euh ainsi les femmes pardon subissent plus la ville qu'ell ne l'occupe h donc pour pouvoir se réapproprier l'espace et et permettre aux femmes de se sentir plus légitime dans la ville de nombreuses collectivités et villes se sont mise en quête de pouvoir réintégrer tout cela dans leur politique publique
et c'est à partir de ce comp de ce constat qu'il faut travailler pour amener de la mixité et une capacité à prendre conscience que ce sentiment d'illégitimité des femmes dans l'espace public et réellement à prendre en compte on a Corine Luxembourg qui est enseignante en géographie et paysage à lensa Paris la Villette qui démontre qu'il s'agit tout d'abord d'une question de représentation celle d'un espace public vécu comme une succession de lieux très masculins donc potentiellement porteur de violence de
manifestation de rapports sociaux de sexe asymétriqu euh ainsi on a de nombreuses associations qui essayent de lutter contre ça dans l'espace public et on a notamment Aron une une association de rollur derby qui essaeent de mettre en place des des pardon des événements de plus en plus fréquemment pour que les femmes puissent se réapproprier l'espace