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Hafsa Psychologue · Transcript · · Updated

Ep34 : L'anxiété, quand tu crois te préparer au pire. – Transcript

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Summary

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  • L'anxiété survient lorsque le mécanisme de défense du cerveau est déréglé et protège contre un danger qui n'existe pas encore.
  • L'anxiété est alimentée par l'intolérance à l'incertitude et par la tentative de contrôler l'incontrôlable par des scénarios catastrophes.
  • Pour faire face à l'anxiété, il est conseillé de renforcer son acceptation, son lien spirituel et de revenir au moment présent par le corps.
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Transcript

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Salam alaykoum wa rahmatullahi wa barakatuh. J'espère que vous allez bien. Bienvenue dans ce nouvel épisode de mon podcast entre mes consultations by Hafsa. [rires] Chaque choix qu'on va faire dans notre vie, c'est l'abandon d'autres choses.

Aujourd'hui, on va parler d'un des mots euh dans les concepts en psychologie les plus cités de nos jours sur les réseaux sociaux, dans les échanges, euh même à l'intérieur de de les des familles, dans nos communautés, petit à petit, c'est quelque chose qui prend de plus en plus de place.

Parfois à raison, parfois à tort, mais qui est la thématique de l'anxiété. Lorsque mes patientes viennent m'en parler, souvent, elles ne savent pas forcément ce qu'est l'anxiété, qu'elles ont de l'anxiété, mais il va toujours y avoir un petit peu cette même situation qui va être décrite.

Elles sont en sécurité quelque part, souvent c'est le soir, souvent c'est quand on est seule, mais parfois même avec des proches, de la famille, et en tout cas, il y a pas de danger immédiat, elles sont en sécurité. Et pourtant, on va voir le cœur qui bat euh comme si elles étaient en danger, comme s'il y avait quelque chose qui les menaçait dans la pièce. Elles vont être en train de repenser à une conversation, elles vont être en train d'imaginer un scénario catastrophe, elles vont être en train de se projeter dans un danger

futur, une catastrophe qui pourrait arriver demain, après-demain, dans 6 mois, et se débattre avec ça dans leur tête et dans leur cœur, alors même que ça n'a pas eu lieu et surtout ça n'aura peut-être jamais lieu. Mais à ce moment-là, elles le perçoivent et le vivent comme si euh elles étaient réellement en danger, comme si leur cœur allait s'arrêter, comme s'il y avait vraiment un danger, parfois dans les cas les plus extrêmes, un danger de mort pour elles. Donc elles sont en dans un

état de souffrance actuelle pour quelque chose dans le futur qui n'existera peut-être jamais. Et globalement, c'est ça l'anxiété. On va commencer par se dire que notre cerveau ne nous veut pas du mal. Il essaie de nous protéger.

Le problème, c'est que dans le cas de l'anxiété, le mécanisme de défense, il est en train il est un petit peu déréglé et il est en train de nous protéger d'un danger qui existe pas encore. Et on va profiter de cet épisode pour essayer de comprendre ce mécanisme, comment il se déclenche, comment il se met en place et pourquoi parfois il est peut-être un petit peu trop déséquilibré par rapport à la menace réelle. Si vous êtes nouveau sur cette chaîne, bienvenue à vous. Je m'appelle Hafsa, je suis psychologue et étudiante en sciences islamiques et mon travail, ma passion,

c'est de faire le lien entre ce qu'on va venir retrouver dans la psychologie et dans les sciences islamiques, dans la spiritualité islamique pour essayer de proposer une psychologie qui s'adapte au mieux à la santé mentale des musulmans. On va prendre l'exemple d'un détecteur de fumée.

On est tous d'accord ici pour se dire que le travail d'un détecteur de fumée, c'est de te sauver la vie en cas d'incendie et que limite on préfère qu'il se déclenche 10 fois pour rien plutôt qu'une seule fois beaucoup trop tard.

On va préférer un faux positif à une erreur qui peut nous être fatale. Et en fait, un cerveau anxieux, il va fonctionner exactement comme ce détecteur. Au centre, il y a une toute petite structure qui va s'appeler donc l'amygdale et son rôle, le rôle à l'amygdale dans notre cerveau, c'est de venir repérer les menaces et de déclencher l'alarme en disant "Les gars, il y a quelque chose qui est en train de nous menacer, au travail." Et qu'est-ce qui va se passer ? Il va y avoir une accélération du cœur, le sang qui va

circuler plus vite, la tension, de l'hypervigilance et cetera et cetera. C'est un système qui nous sauve la vie quand il y a un nouveau un chien qui court vers nous, quand il y a une voiture qui freine pas assez rapidement, quand il y a un danger et qui nous a sauvé la vie pendant des centaines de milliers d'années.

Le problème, c'est que ce système-là ne fait pas de différence entre un danger réel et un danger perçu, un danger imaginé. Ce qui veut dire que un souvenir gênant, la peur d'être exclu, une pensée en se disant qu'on peut échouer. Tout ça pour ton amygdale, c'est l'équivalent d'un danger de mort. En fait, la peur du tigre ou du lion ou du mammouth qu'on pouvait avoir à l'époque, aujourd'hui le danger équivalent, c'est un email de

licenciement, c'est ton ami qui veut plus te parler, c'est ton mari qui veut divorcer. Pour lui, c'est le même état d'urgence parce que rencontrer un tigre ou un lion dans la rue, ça ça se fait plus trop. Donc l'anxiété, initialement, c'est pas un un défaut, c'est pas un manquement, c'est pas que tu es pas tu as pas assez confiance en Dieu ou je ne sais quoi, c'est vraiment que tu as un système de survie qui fonctionne très bien, mais peut-être un peu trop bien et qui est devenu en fait un petit peu trop sensible.

Je pense que le meilleur exemple pour ça, c'est les portes automatiques des magasins. On a besoin qu'elles s'ouvrent dès que quelqu'un est devant et genre 2 3 m devant, pas 300 m devant, sinon elle va constamment s'ouvrir et se fermer, s'ouvrir et se fermer, voire rester tout le temps ouverte à chaque fois que quelqu'un passera devant. Et là, c'est exactement la même chose, c'est devenu trop sensible. Donc en soit, elle fait ce qu'on lui demande, ouvre-toi dès que quelqu'un arrive devant, mais ça devient dérangeant parce que la sensibilité est inadaptée.

Et l'anxiété, c'est ce qu'elle fait. Elle va venir appliquer à un monde qui est abstrait, c'est-à-dire notre monde actuel avec des dangers qui sont beaucoup plus émotionnels, qui sont beaucoup plus mentaux, des réflexes qui initialement ont été construits pour un monde au danger réel, un monde au danger de vie et de mort physique. En sachant cela, si on creuse, on peut se rendre compte que sous l'anxiété, il va souvent y avoir

quelque chose d'un peu plus précis et vraiment, littéralement, je pense que c'est la clé de beaucoup de choses dans dans l'être humain. On peut parler du fait de ne pas réussir à se remettre au sport, on peut parler du fait de ne pas réussir à prendre le Coran, on peut parler de de ceci, on peut parler du du stress qu'on va avoir dans le travail, on peut parler de beaucoup de choses, qu'on retrouve à travers ce concept qui est l'intolérance à l'incertitude.

L'être humain ne tolère pas de ne pas savoir. Il n'aime pas ne pas savoir si la personne en face l'aime bien. Il n'aime pas ne pas savoir s'il a réussi cet examen ou pas. Il n'aime pas ne pas savoir ce qu'il va se passer si il ouvre telle discussion, si euh il il il ne fait pas telle ou telle chose.

Il n'aime pas ne pas savoir qui il sera si il devient cette version de lui-même, quelqu'un qui euh réussit à faire beaucoup d'argent par exemple, est-ce qu'il parviendra à rester ? Est-ce qu'il parviendra à faire les choses avec une bonne ? Ou est-ce qu'il va se laisser manger par ? Et parfois ça, ça suffit à nous bloquer dans le démarrage d'un business, dans l'évolution dans le travail professionnel, et cetera et cetera. Et je t'invite à y réfléchir 2 minutes. Qu'est-ce qui ?

C'est jamais le présent. Le présent, il est devant toi, tu le gères. Ce qui t'angoisse, c'est le et si. Et si je tombe ? Et si ça se passe ? Et si on me ? Et si mes proches ? L'anxiété, elle vit dans le futur, dans le territoire qu'on ne connaît pas, dans le territoire qui est complètement incertain.

Et l'inquiétude, le fait d'être en train de ressasser, de ressasser et de ressasser mentalement sans fin, en réalité, c'est juste une tentative désespérée hein, qu'on se le dise, mais une tentative quand même, de venir contrôler l'incontrôlable. Parce qu'on ne sait pas ce qui va se passer. Et ça, c'est intolérable pour notre cerveau.

Il se dit "OK, si je pense à tous les scénarios possibles, alors ce sera forcément un de ceux-là, je serai prêt et je serai pas pris au dépourvu." Et du coup, c'est un petit peu anticiper, se dire "Je ne sais pas ce qui va se passer, mais j'ai une petite idée parce que j'ai tout prévu."

Ça fonctionne pas comme ça. On ne peut pas penser l'imprévu d'avance. La définition même d'un imprévu, c'est qu'il ne soit pas prévu. Et en fait, l'inquiétude, elle ne te prépare pas au danger. En réalité, l'anxiété, elle te fait juste vivre la souffrance en avance.

Il y a un proverbe qui dit un lâche meurt 1000 fois et un brave meurt une seule fois. Et ça en réalité, c'est pas une question de de courage. Mais c'est exactement le même fonctionnement que l'anxiété. C'est-à-dire que elle te fait souffrir 1000 fois d'une chose qui au dans le pire des cas n'arrivera qu'une seule fois.

Et donc tu vas te retrouver à souffrir deux fois, trois fois, quatre fois, cinq fois la plupart du temps dans l'imagination et peut-être potentiellement une fois dans la réalité. Mais tu auras multiplié par 10 le taux de souffrance que tu seras amené à traverser. Donc en sachant tout cela et en se disant que le cœur de l'anxiété, ce qui va venir provoquer l'anxiété, ce qui va venir nourrir l'anxiété, c'est l'illusion, et j'insiste sur le

mot illusion, qu'on doit tout contrôler et surtout qu'on peut tout contrôler. Alors, la guérison, ça commencera par accepter ce qu'on ne contrôle pas. Et l'idée, c'est pas de tout lâcher, c'est pas de rentrer dans de la passivité, mais c'est exactement je pense que quand je l'ai dit, il y en a peut-être qui ont tout de suite eu ce mot qui est passé dans leur tête, c'est l'acceptation qui va se traduire précisément par le concept de tawakkul

dans la spiritualité islamique. On connaît tous ce hadith de l'homme qui demande "Est-ce que je dois attacher mon chameau ou est-ce que je m'en remets à Allah Azza wa ?" Et à qui le prophète Salla Allahu alayhi wa sallam a répondu "Attache-la puis remets-toi à Allah Azza wa Jalla." Et c'est ça l'équilibre.

Tu fais ta part, tu attaches, tu agis, tu prépares, tu anticipes ce que tu peux anticiper et le reste, tout ce qui est incontrôlable, tu le déposes. Tu le portes pas et tu ne l'assumes pas parce qu'en réalité, ça n'a jamais été ta charge.

Parce qu'en réalité, il t'a jamais appartenu. Ça n'a jamais été dépendant de toi. L'anxiété, c'est d'essayer de porter sur ses épaules toutes les possibilités du futur.

Et le tawakkul, c'est reconnaître que ce futur quel qu'il soit, il est entre des mains qui sont plus solides et qui sont plus sages que les tiennes. Qui sont celles d'Allah Azza wa Jalla.

Qui nous dit dans sourate At-Talaq verset 3 et quiconque place sa confiance en moi, je lui suffis. Donc je dirais directement que le premier élément pour travailler sur son anxiété, c'est de renforcer sa relation à Allah Azza wa Jalla. C'est de renforcer son acceptation du destin quel qu'il soit, qu'il soit bon ou qu'il soit mauvais. ? Parce que tu partiras de la certitude que c'est le mieux pour toi.

Frequently asked questions

L'anxiété est un état de souffrance actuel où le cerveau réagit à un danger futur et imaginé comme s'il s'agissait d'une menace de mort réelle.

Pour apaiser une crise, il est conseillé de revenir au corps et à l'instant présent grâce à des exercices de respiration, des techniques sensorielles ou à la prière.