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Routine(s) : le cerveau des habitudes entretien avec le Pr. Burbaud neurologue – Transcript

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  • Le professeur Pierre Burbaud explique que les habitudes et la mémoire procédurale reposent sur un apprentissage par répétition qui structure les circuits neuronaux profonds.
  • Le neurologue détaille les perturbations de ces comportements semi-automatiques observées chez les patients atteints de la maladie de Parkinson.
  • Pierre Burbaud présente les traitements et les méthodes de rééducation utilisés pour les troubles neurodéveloppementaux comme le TDAH ou les tics et les tocs.
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[Musique] Bienvenue pour ce premier épisode de Routine, le podcast qui va vous réconcilier avec l'art d'une routine bien choisie grâce à l'expertise de nos invités. Avant de plonger dans notre épisode du jour avec le professeur Burbau, neurologue, je voulais vous remercier pour votre soutien et vous dire à quel point je suis heureuse d'accompagner votre moment présent.

Est-ce que vous êtes en voiture ? Est-ce que vous êtes en train de repasser, de cuisiner, de courir ou de faire un petit triit printannier ? Quoi qu'il arrive, merci de m'accorder votre temps précieux et si vous aimez cet épisode, abonnez-vous gratuitement à la chaîne tout de suite comme ça pour ne rien rater des petites douceurs que je vous prépare. Allez, c'est parti pour cet épisode. Bonne écoute routine, le podcast qui va changer votre façon de voir le quotidien.

Pierre Burbau, bonjour, je suis très heureuse de vous recevoir. Bonjour André, merci d'être là. Vous êtes neurologue, professeur de physiologie médicale, titulaire d'un doctorat en neurosciences et vous nous arrivez tout droit du CHU de Bordeaux. C'est ça. Et ben, merci d'être là de bon matin. Vous venez aussi de publier votre livre Le Cerveau des habitudes aux éditions Audil Jacob. Voilà le petit bijou. et on va parler d'un sujet qui me passionne la routine. J'avais envie avec vous de la détailler au microscope sous un angle

scientifique et de mettre l'accent sur les routine cérébrale et la manière dont fonctionne notre cerveau. Et je crois que pour ça, j'ai le bon interlocuteur. Pour commencer, je vous ai demandé de m'apporter un objet qui fait partie de votre routine quotidienne. Qu'est-ce que vous avez choisi ? Alors, j'en ai choisi deux. Un embout de trompette parce que je suis un petit peu musicien de jazz, en tout cas, j'essayie et je joue de la trompette. J'ai aussi un médiator de guitare parce que je suis aussi

guitariste et chanteur. Et donc la musique fait partie de votre vie depuis toujours. Absolument. Depuis très longtemps. Et vous jouez quoi ? Tous tous les jours. Ça c'est c'est un peu votre Tous les jours. Je suis obligé de jouer tous les jours. Alors pourquoi vous êtes obligé de jouer ? Ne soit-ce que la trompette par exemple, c'est véritablement un long apprentissage pour arriver à complètement maîtriser l'instrument. Et c'est très physique.

C'est comme un sportif qui s'entraîne, il faut muscler ses lèvres en permanence. sacerdos hein, c'est un plaisir mais en même temps c'est du boulot hein. D'accord. Et donc à vous sortez après vos consultations diverses, vous allez vous jouer un peu le soir ou systématiquement. Je suis obligé. Autrement si je joue pas pendant plusieurs jours ensuite je suis gêné.

D'accord. Pour jouer. Ouais, c'est ça. C'est une vraie habitude nécessaire. Alors, nos habitudes, bonnes ou mauvaises gouvernent nos vies. C'est ce que vous dites dans votre livre. Et notre cerveau a mis en place des routines automatiques. Pourquoi est-ce que vous avez choisi d'écrire sur ce sujet déjà ?

Alors, pourquoi est-ce que j'ai choisi d'écrire sur ce sujet-là ? parce que comme vous, j'ai toujours été fasciné par ces ces routines là et je suis confronté comme tout un chacun à ces ce type de comportement, mais je le suis aussi en tant que médecin, en tant que neurologue vis-à-vis de certaines pathologies dont je m'occupe, notamment la maladie de Parkinson puisque je vois quand même

beaucoup de Parkinsoniens au quotidien. Et c'est dans cette maladie, on a de façon très claire une perturbation des comportements semi-automatiques qu'on appelle des habitudes en fait. Donc on arrive plus à c'estd que là nous il y a beaucoup de choses qu'on fait de façon automatique, on en branlera peut-être un peu plus tard. Alors que les patients parkinsoniens quand ils ne sont pas traités en tout cas, ils sont souvent obligés de penser à tout ce qu'ils font.

Voyez des activités aussi simples que la marche par exemple. Oui. Ce que vous dites dans votre livre, ils sont obligés de soulever leurs jambes pour se remettre dans cette habitude là. Et puis la deuxième raison, c'est que comme je vous le disais en aparté tout à l'heure, je suis un peu étologue aussi. J'ai fait des je me suis beaucoup intéressé avant de faire de la médecine au comportement animal et donc l'observation du comportement m'a toujours fasciné et notamment des habitudes comportementales

chez chez nous chez les animaux qui nous ressemblent par énormément par bien des côtés. Hm, c'est sûr. Euh, on essaie de contrôler nos habitudes avec de la volonté, mais elles sont difficiles à modifier. Pourquoi et comment procéder ?

les habitudes repos sur un apprentissage. On va peut-être partir au tout début pour bien comprendre hein, je sais pas si vous avez prévu ça dans les les questions. À la naissance, le nourrisson, c'est un peu une table rase, c'est-à-dire que les grandes structures du cerveau sont présentes mais sont totalement inopérationnelles.

un petit nourrisson sait pas faire grand-chose en dehors du fait de têter peut-être le sein de sa mère qui peut être considéré comporte comme un comportement iné mais il y a très peu de comportements inés chez l'homme en réalité c'est vraiment des comportements extrêmement primitifs lié directement à la survie vous voyez tout le reste des comportements sont appris donc se relève de l'acqu au travers d'une répétition et et c'est le fait de de d'apprendre progressivement qui va permettre de

construire des circuits neuron dans le cerveau. Hm hm. Et donc de mémoriser ces habitudes comportementales, c'est ce qu'on appelle la mémoire procédurale. C'est la mémoire des savoir-faire, la mémoire des habitudes et c'est la forme de mémoire la plus solide. Oui. Qui qui est bien ancré. Voilà. Lorsque je serai complètement dément, si ça m'arrive, je sais pas, on verra. Euh, il est fort probable que je serai encore comment on fait du vélo alors que j'aurais oublié plein d'autres choses et surtout que je

deviendra incapable d'apprendre. Hm hm. et de mémoriser. Donc c'est des ça repose sur des circuits neuronaux qui sont ancestraux qui mettent en jeu des structures profondes du cerveau. On en parlera peut-être tout à l'heure et qui sont extrêmement rigides en fait. Donc c'est pour ça que c'est un peu difficile de modifier ces habitudes. Et alors comment on fait justement ? Est-ce que parce que vous parlez du système de récompense et notamment de la motivation, est-ce que c'est grâce à ça

qu'on peut un petit peu jouer sur cette mémoire procédurale ? Euh oui oui. Euh alors il y a il faut différencier des des habitudes motrices purement motrices qui sont quand même assez difficiles à modifier ou des habitudes qu'on peut appeler peut-être qualifié de psychocomportemental vous voyez que dans lesquels il y a une dimension quand même

cognitive qui sont peut-être un peu plus faciles à à modifier. Oui oui oui bien sûr. Et pour donner un exemple, un patient parkinsonien qui est gêné pour marcher, on peut certes lui faire de la kinésithérapie, ce qu'on fait et qui est foncièrement utile hein, mais il a quand même besoin d'un traitement médicament pour s'en sortir et modifier ses mauvaises habitudes entre guillemets.

Alors que dans d'autres pathologies pour lesquelles comme l'éthique ou l'étoc pour lesquels il y a aussi des traitements médicamenteux, on a besoin de de proposer une forme de rééducation cognitive. C'est ce qu'on appelle les thérapies cognitivo comportementales véritablement pour pour changer les habitudes. Hm hm.

Voilà. Euh toute notre société repose sur des rituels et des habitudes collectives. Oui. Comment ça se passerait si c'était pas le cas ? Ce serait le chaos. Alors, je pense qu'il y a un continuum.

Je pense qu'il y a un continuum entre les habitudes, les stéréotypies. Vous savez ce que c'est les stéréotypies ? Oui, on va en parler après justement parce que c'est c'est très lié au toc en fait. C'est ça. Mais sauf qu'on en est pas forcément les stéréotypier, on a tous voyez m'av demandé d' ramener un embout de trompette. Si pendant que je vous parle, je manipule en même temps en permanence mon emboute si je balance ma jambe sous la table comme on fait tous, ça s'appelle des stéréotypie bénigne.

C'est pas pathologique ça, tout le monde en a des stérotypies comme ça. Les stéréotypies lorsqu'elles deviennent très importantes et sont au-devant de la scène comme chez les enfants autistes par exemple, là c'est beaucoup plus embêtant. Voilà. Donc il y a un continuant de ses habitudes c stéréotypie les rituels, la ritualisation qu'on fait là aussi tous plus ou moins enfin c'est exacerbé dans certaines situations de stress par exemple les sportifs de haut niveau pense au tennisman, Nadal ou d'autres

qui ont des des rituels au moment où ils font le le service par exemple et puis la ritualisation qui a un caractère symbolique travers de toutes les cérémonies auxquelles on est confronté dans notre vie quotidienne. Oui, je pense à la politesse, la religion, enfin la ne soit que commencer par la politesse. Oui, oui, c'est ça. Et puis les rites funéraires. Euh, j'ai un ami qui me disait "Mais pourquoi est-ce qu'on a besoin d'aller enterrer les gens ?" Et oui, je pense qu'il y a quand même un continuum. Alors, c'est peut-être un sujet légèrement différent, il faut

C'est un peu glissant, faut faire attention à ce qu'on dit, mais je pense qu'il y a quand même un continuum. Mme. OK. Euh comme pour les animaux, nos habitudes comportementales se perpétuent de génération en génération et relève de routines parfois archaïques. Oui. Euh donc ça c'est vraiment profondément ancré. Donc c'est plutôt ce qui est de liné. Est-ce que ça on peut pas s'en défaire ou Alors j'ai j'ai envie de de dire deux mots peut-être sur l'évolution, ce qu'on appelle la phylogénèse, hein. Euh il y a une

véritable révolution qui se produit chez les vertébrés. Donc les vertébrés, c'est des poissons jusqu'à l'homme, hein, qui se produit entre les oiseaux et les mammifères. Ouais. Jusqu'aux oiseaux, pratiquement tous les animaux d'une même espèce ont à peu près tous le même comportement. C'est ce qui a permis à Descartes de dire les animaux sont des machines. Ce qui est faux. Les animaux ils ont comme nous, ils ont une cognition. Même les poissons une

cognition, des gens très sérieux qui ont étudié ça, ils ont des émotions aussi. Mais ils ont un comportement qui est très similaire. Par exemple, il est quasiment impossible si vous prenez deux moineau de la même espèce de les différencier l'un par rapport à l'autre. Dire il y en a un qui s'appelle Pierre, l' qui s'appelle Jean-Paul ou autre chose parce qu'ils font tous la même chose. Ils ont pardon, ils ont tous les mêmes habitudes. Vous voyez ? Alors que à partir des mammifères, c'est très différent. Les individus sont tous différents. Vous

vous avez un chat ou un chien, j'en parlais tout à l'heure, eu vous en avez eu il y a pas de chats qui ont exactement quand même le même comportement, même si ça se ressemble. Et alors chez les humains, c'est encore bien sûr bien pire. Et pourquoi ça ? Bien parce qu'à partir des mammifères, apparaît un un véritable cortex cérébral. Hm hm. Chez les oiseaux, il y a une structure dans la partie antérieure du théancencéphale qui s'appelle le palium, mais c'est quand même pas aussi complexe que le cortex rébal. Donc le cortex cérébral, c'est un véritable facteur de variabilité

comportementale. C'est ça qui soutend en tout cas le comportement. OK. J'ai appris que le sommeil était indispensable à tous les êtres vivants, y compris les éponges et les mouches. Alors je voulais juste en parler. Donc le sommeil c'est une routine qui est vraiment indispensable et qu'il faut chouchouter.

Oui, c'est vrai. Alors, je suis pas du tout un spécialiste du sommeil hein, je tiens à le préciser. Mais bien sûr, c'est vrai. C'est vrai que les mouches dorment. Ouais, ça je savais pas. Si si, j'avais j'étais tombé sur un papier il y a quelques années dans Science où ils avaient travaillé sur ça justement sur le sommeil des mouches. Moi aussi j'avais été surpris. Tous les animaux dorment en fait. Alors à quoi sert le sommeil ?

On peut on peut en discuter, mais par rapport aux habitudes par exemple, il est sûr que ça sert à à revivre quelque part pendant pendant la nuit un certain nombre d'apprentissages qu'on a fait dans la journée. Souvent, ça aide à à faciliter les circuits neuronaux qui qui soutendent ces apprentissages. Ça renforce un peu. Et c'est le cas des rêves aussi. Je me demandais ce matin en venant, ça vous avez un petit peu étudié ou pas du tout ? Alors, les

rêves ça m'intéresse comme tout le monde, hein, mais je suis pas du tout un spécialiste de cet aspect là. H il y a énormément de choses qui ont été racontées sur les rêves. Euh, je suis un peu je serai un peu prudent. D'accord. Je vous emmène pas là. M'emmenez pas là parce que je risque avoir des des opinions très tranchées. Bah, c'est ça qui est intéressant aussi. si vous voulez, on a entendu que c'était juste une espèce de nettoyage de nuit justement de tout ce

Frequently asked questions

C'est la mémoire des savoir-faire et des habitudes qui repose sur des circuits neuronaux ancestraux et rigides constituant la forme de mémoire la plus solide.

La maladie de Parkinson perturbe de façon claire les comportements semi-automatiques, obligeant les patients non traités à penser consciemment à des activités aussi simples que la marche.

Il existe dans le TDAH un dysfonctionnement du système dopaminergique qui intervient indirectement dans la focalisation de l'attention, ce qui amène à utiliser des traitements comme le méthylphénidate.