EXODE — Au-delà de la matrice · Transcript · · Updated
17 octobre : qui tire VRAIMENT les ficelles ? – Transcript
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- Le 17 octobre 2026, un jeune homme connu sous le pseudonyme de V2 lance sur TikTok une date pour manifester contre la hausse des prix des carburants et le coût de la vie.
- Le ministère de l'Intérieur indique qu'il y a eu 110 défilés qui ont réuni 550000 personnes, dont 110000 à Paris.
- Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a adressé une circulaire aux procureurs en octobre 2026 pour requérir la privation du droit de vote.

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Il y a une nuit dans ce pays qui revient toujours. Pas la même date, pas les mêmes rues, mais toujours la même nuit. Le feu, on l'a tous vu.
Le bois, personne ne l'avait filmé. Le 17 octobre 2026, un garçon avec un téléphone lance une date. Il le dit lui-même, il n'organise rien. Mais la date, elle, fait le tour du pays et les renseignements préviennent, risque élevé de violences urbaines. Alors, ce samedi-là, combien de ?
60000. Quand en 2018, face aux gilets jaunes, on en avait mis 89000. Le ? Décidé la veille au soir, place de la République. Résultat, des policiers en sous-nombre toute la journée, des vitrines qui tombent et pendant 48h, les mêmes pillages en boucle sur toutes les chaînes. Et le lundi, tout est prêt. Les plateformes convoquées, une loi qui attendait dans un tiroir et une circulaire qui demande aux procureurs de priver du droit de vote ceux qui ont
cassé. Et ce même samedi, à Milan, à Bologne, à Bruxelles, à Liège, à Lisbonne, en Albanie, la même colère, le même jour. Le feu, tout le monde l'a vu. Mais le bois, qui l'avait ?
Dès le premier jour, d'autres mains que celles des manifestants ont touché à cette colère. Une douzaine de comptes créés ou renommés le même jour. Des voix de journalistes imitées. Une carte des rassemblements dont on voit la carte, jamais la main qui l'a dessinée.
60000 commentaires par mois, commandés depuis l'étranger. Des fondations qui financent ceux qui appellent à descendre dans la rue. Et des bureaux à Davos, à Bruxelles, à Moscou, à Washington, où l'on pense en décennies, pendant que nous, on pense en fin de mois.
Je ne sais pas qui a allumé la mèche. Peut-être une main, peut-être plusieurs, peut-être aucune, et c'est le pire. Trois lectures et pendant 2h, on va les mettre à l'épreuve, pièce par pièce, du bas de la carte jusqu'en haut.
On sort de la matrice. [musique] Avant d'aller plus loin, petit rappel et je le ferai à chaque fois. Je ne prends aucunement parti pour aucun parti politique.
[musique] Je fais un travail qui prend de la hauteur sur chaque situation, ni de gauche, ni de droite, j'essaie de comprendre et de décrypter. Je ne suis pas journaliste, je ne suis pas politique, je suis de cette génération, j'ai les mêmes écrans que vous et je me suis fait avoir par les mêmes images que vous. La seule différence, c'est que j'ai pris le temps d'aller voir ce qu'il y avait derrière et de vous ramener les pièces. Pas des opinions, des pièces que vous pourrez vérifier vous-même. Et je vais vous demander un petit service.
Tout le monde a ses idées politiques. Vous, moi, votre voisin, c'est normal, c'est humain. Mais là, juste le temps de cette vidéo, posez-les à côté de vous, sur la table. Vous les reprendrez après, promis. Parce que si vous regardez avec les lunettes de votre camp, vous ne verrez que ce que votre camp veut vous montrer et c'est exactement comme ça que la matrice nous tient. Elle n'a pas besoin de vous mentir, il lui suffit de vous donner un camp. Alors, on enlève les lunettes et on essaie de voir
au-delà de la matrice. Alors, sans lunettes, qu'est-ce qu'on voit vraiment quand on regarde la ? Avant de revenir à ce samedi, il faut que je vous montre le pays où cette génération est née, parce qu'une colère
ne naît jamais le jour où elle éclate. Elle pousse pendant des années dans un sol que plus personne ne regarde. [musique] Un petit jeu, vous et moi. Je pose une question, vous répondez avant moi.
Combien de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en ? 1 ? 5 ? 9 millions 800000. Le chiffre le plus haut depuis presque 30 ans. Et ce chiffre-là n'est pas à moi. Les chaînes l'ont annoncé un été après l'autre, presque dans les mêmes mots.
Le taux de pauvreté qui est à son plus haut niveau, le taux de pauvreté qui est qui est record aujourd'hui en Et c'est le plus haut niveau de pauvreté depuis l'indicateur a été lancé par l'INSEE en 1996. Un record qui revient chaque année finit par ne plus être une nouvelle. Il devient le décor. Et le décor, personne [musique] ne le regarde. Regardez-le, lui, ce décor. Une file d'attente qui ne fait pas de bruit.
[musique] Une porte fermée ne fait pas d'image. Et la pauvreté ferme des portes. Sortez dans votre rue, comptez sept maisons, derrière l'une d'elles au moins, on vit [musique] sous ce seuil. Pas de pancarte, pas de cortège, ils font la queue à la même caisse que vous.
[musique] Et moi le premier, je les croise tous les jours sans les voir. C'est peut-être votre voisin. C'est peut-être vous. Au printemps 2024, une femme l'a dit en une phrase devant la caméra d'un journal. Même au début, que j'arrivais même pas à donner les 2 euros, là, j'ai 4 euros sur mon compte en banque.
Et les enfants dans tout ? Plus d'un sur cinq. Pensez à la classe de votre gamin ou à celle où vous étiez petit. Sur 25 élèves, cinq ou six grandissent dans une famille pauvre sans que rien ne se voit sur la photo de classe. Ces enfants-là ont 20 ans aujourd'hui et ils sont nés dans ce pays-là.
L'alternance qu'on n'a pas eue, le premier emploi qui ne vient pas, la file d'une distribution alimentaire pour étudiants un soir de novembre. Gardez-les en tête, on va les retrouver très vite. Et leurs ? Vous l'avez senti, j'en suis sûr. Un peu plus sur la fiche de paie, mais à la caisse, ça ne suit pas. Ceux qui mesurent le disent avec un chiffre, ceux qui le vivent le disent sans.
Je Je saute mes repas pour euh garder pour mon fils de 15 ans. Je me fais pas de plaisir. Tenez, votre dernier plein. Il vous a coûté ? Le plein qui vous coûtait 50 euros en 2025 vous en coûte plus de 70 en 2026. Et d'ailleurs, écrivez-moi en commentaire combien vous payez le vôtre.
Je suis curieux de voir. Parce qu'on s'y habitue, un plein après l'autre, jusqu'au jour où on ne s'habitue plus. Pendant que vous faites vos comptes à la pompe, l'État lui fait les siens. Et quand on lui demande de baisser les taxes sur ce plein, il répond "Non." 10 jours avant la grande journée. Et parmi ses raisons, il y en a une qui va nous suivre tout le : la dette. Le chiffre, vous l'avez peut-être entendu passer un soir entre deux sujets, le même sur
toutes les antennes. On a une dette publique de 119 % du PIB. Ça représente 119 % du PIB, de la richesse qu'on produit chaque année. Mais le pire, ce sont les intérêts qu'on paie sur cette dette. Dit comme ça, ça ne fait pas mal. Alors, je le ramène à votre table. Un foyer qui gagne 30000 euros par an et qui en doit 36000 à la banque, plus d'une année entière de ce qu'il gagne. Ce foyer, [musique] c'est nous. Et chaque année, rien que pour les intérêts, à peu près
1100 euros par habitant, bébés compris, sans rembourser un centime. C'est le loyer [musique] de la dette. Et ce loyer-là, il augmente. Là, je fais un pas de côté une minute dans un pays qui n'existe pas et je vous préviens quand on rentre. Dans ce pays-là, dans une maternité, une sage-femme glisse une enveloppe dans le carnet de santé d'un nouveau-né. Trois lignes. Part des intérêts de la dette nationale, 1re année, 1100 euros. Ne rembourse rien. Renouvelée chaque année.
La mère lève les yeux, la sage-femme sourit. "Ne vous inquiétez pas, tout le monde l'a." Dans ce pays-là, un enfant reçoit son échéance avant son prénom. Et ça n'étonne plus personne parce que personne n'a connu autre chose. Enfin bref, je referme la porte, revenons chez nous. Cette enveloppe n'existe pas, mais la somme, elle, existe. Fondue dans vos impôts et dans la TVA de votre plein. Et ces enfants de 20 ans la portaient déjà depuis leur premier jour, sans enveloppe. La fiction n'a changé qu'une
chose. On la voit. Concrètement, ces intérêts, l'État les paye avec ce qui rentre, vos impôts, votre TVA. 58 milliards d'euros prévus cette année. C'est le 2e poste du budget, juste derrière l'école.
Et sur 1 litre de gazole à 2,35 €, il y a à peu près 1 € de taxe. 20 centimes de moins à la pompe, d'après Bercy, c'est près de 10 milliards par an, des milliards qu'il faudrait emprunter et donc payer en intérêts. Alors le gouvernement dit non, il parle de déficit, de taux d'intérêt.
Et pourtant, juste à côté, l'Allemagne, presque deux fois moins endettée, a baissé ses taxes de 17 centimes jusqu'à la fin de l'année. Et l'Italie, encore plus endettée [musique] que nous, a baissé puis a arrêté. Même colère à la pompe, mais pas la même marge. Parce que ce loyer, [musique] quelqu'un le fixe. Une dette, c'est une chaîne qu'on ne sent pas tant que personne ne tire dessus. Mais à l'autre bout de la chaîne, il y a toujours une main.
Elle est dans une [musique] salle à Paris où l'État vient vendre ses emprunts et dans des bureaux qu'on ne verra jamais. Et quand cette main doute, elle demande plus cher. Un conseiller du président américain Bill Clinton disait, dans les années 90, que s'il pouvait se réincarner, il ne voudrait revenir ni en président, ni en pape, [musique] mais en marché obligataire. Ce marché où les États viennent emprunter parce que, je le cite, on peut intimider tout le monde.
Et à la fin de l'été 2026, un fonds japonais l'a écrit dans son rapport. Il réduit la part de la France dans ses placements parce qu'il surveille notre situation politique. [musique] Ce que vous vivez comme une colère, d'autres le lisent comme un risque. Votre colère, elle aussi, finit dans des calculs. Et quand votre plein dépend de la confiance de gens que vous ne verrez jamais, qui tient le ?
Pour payer un loyer pareil, il faudrait produire. Sauf qu'on a vidé l'usine France. Devant ces grilles-là, en 25 ans, ce qu'on fabrique vraiment chez nous a perdu un tiers de son poids, pendant que l'Allemagne, juste à côté, gardait le sien. Moins d'usines, ça veut dire plus de dépendance à ce qu'on achète ailleurs.
[musique] Et ce mot-là, dépendance, gardez-le dans la poche. On le ressortira à la fin et il va vous faire froid dans le dos. Là-haut, pendant ce temps, le spectacle continue. Je ne sais pas vous, mais moi, j'ai l'impression de regarder une série. Des petites phrases, des campagnes, une présidentielle qui arrive comme un orage, une série dont on connaît tous les acteurs par cœur et presque jamais les producteurs. Un philosophe français