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Prohibition Une expérience américaine part 2 – Transcript
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Summary
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- À l'issue d'une bataille acharnée, un amendement à la Constitution des États-Unis instaure la prohibition et plonge des millions de citoyens dans l'illégalité.
- Les femmes s'organisent à travers des mouvements de tempérance et mènent des actions de protestation pour exiger l'interdiction de l'alcool.
- Le Nebraska devient le 36e état à ratifier le 18e amendement, faisant officiellement des États-Unis d'Amérique un pays sans alcool.

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pour celle des autres. Cette vérité, les esprits intolérants ne la comprendront jamais, fut-elle écrite en lettre d'or dans le ciel. C'est la prohibition qui donne toute sa saveur au fruits défendu.
Mark Twen. Durant plus d'un siècle, l'Amérique a été le théâtre de violents débats sur la question très ancienne de la répression de l'alcoolisme.
À l'issue d'une bataille acharnée, un amendement à la Constitution des États-Unis instaure la prohibition. Du jour au lendemain, des millions de citoyens américains basculent dans l'illégalité.
Jusqu'à quel point pouvons-nous dicter aux autres leurs conduite ? Est-ce qu'on peut tout régenter dans une société ou régler tous les problèmes qui se posent autour de nous ? Cette histoire est l'exemple même de ce qui se passe quand plusieurs composantes d'une société n'ont pas la même vision de ce qui est acceptable.
La prohibition dresse la population rurale contre celle des villes, les citoyens de souche contre les nouveaux arrivants, les protestants contre les catholiques. Se pose alors la question du rôle du gouvernement, des droits et des responsabilités individuelles, de la mise en place de cette loi, de ses objectifs et de ses effets pervers. Mais aussi une autre question plus profonde, qu'est-ce qu'un vrai américain ?
Comment en est-on arrivé là ? Comment un peuple est pris de liberté, une nation fondée sur les droits et les libertés individuelles, a-t-elle bien pu décider dans un moment de folie presque qu'on pouvait dicter aux gens leur façon de vivre ?
Pratiquement tous les articles de la Constitution américaine visent à étendre la liberté des hommes, à part la prohibition qui bride cette liberté. Quand des gens franchissent la limite entre ce qui fait de nous des Américains et une autre vision de ce que nous
devrions être, c'est là que les ennuis commencent. On dit que les Anglais ne font rien sans avoir le ventre plein. Mais les Américains, eux, ne font rien sans un
verre à la main. Ils boivent quand ils croisent un ami, quand ils font connaissance, quand il conclut une affaire. Ils boivent parce qu'il fait chaud. ou parce qu'il fait froid. Si leurs candidats gagnent les élections, ils boivent pour fêter ça. Sinon, ils boivent en jurant. Ils commencent à boire tôt le matin et s'arrêtent tard le soir. Ils acquièrent ce goût très jeune, boivent toute leur vie jusqu'à leur mort
prématurée. Capitaine Frédéric Mariat. Dès le début de l'histoire des États-Unis, l'alcool fait partie du folklore américain au même titre que l'Apple Pie. Les cales du Mflower, le navire qui dépose les premiers purtins sur les côtes du Massachusetts, sont remplis de tonneau de guerre. Lorsque
ces troupes passent l'hiver à Valforge en pleine guerre d'indépendance, George Washington tient à ce que les hommes reçoivent une demi-tasse de Rome chaque jour et une demi de whisky lorsque le Rome vient à manquer. John Adams, le deuxième président des États-Unis, ne commence à journée qu'après avoir bu une chope de cidre. Thomas Jefferson, son successeur, réunit une cave de vin français et rêve qu'un jour le vignoble américain soit aussi réputé que celui de France.
Les médecins plébiscitent le whisky, le cidre, le brandy, le rô et la bière qui selon eux sont meilleurs pour leur patient que l'eau tirée des rivières boueuses et des mars stagnantes. Les pasteurs boivent comme les artisans et les terrassiers ou les hommes qui se rassemblent pour construire les granges.
On boit au baptême, aux enterrements, aux élections et aux pendaisons publiques. Ça fait partie des moments festifs, des moments de partage, des rux. Ça a toujours été comme ça et c'est très révélateur.
Peut-être qu'on ne saura jamais pourquoi on en a besoin, mais on en a besoin. De tout temps, les hommes ont créé des boissons livrantes à base de fruits et de céréales fermentés.
Mais au début du 19e siècle, les alcools distylés, beaucoup plus forts comme le Rome ou le whisky sont de plus en plus disponible. Il y a eu une explosion de la culture du maïs, de la voine, du blé et toutes ces céréales peuvent être distyées pour faire du whisky.
Jusque-là, c'était la bière qui accompagnait les rituels quotidiens. Les fermiers en buvaient au petit-déjeuner, au déjeuner, au dîner et au souper. Mais elle contenait 2 degrés d'alcool. Et brusquement, les gens ont remplacé la bière par du whisky.
Il a fallu un moment pour que la société se dise "Attendez, il y a un gros problème là. En 1830, le citoyen américain moyen de plus de 15 ans boit l'équivalent de 88 bouteilles de whisky par an, trois fois plus que ses descendants du 21e siècle.
Chaque année, l'achat d'alcool par les Américains dépasse les dépenses du gouvernement fédéral. Les prisons, les maisons de correction et les auspices débordent de sous l'art. De plus en plus de voix expriment leur inquiétude de voir le pays devenir une nation d'hrogne.
Et tandis que bon nombre d'époux, de père et de fils gaspillent leur salaire dans les tavernes, les femmes et les enfants trinquent. maltraité, abandonné, privé d'abri et de nourriture. Les allusions au sous le du samedi soir sont légion.
Le père de famille commence par quitter la maison pour se rendre dans un saloun. Il y boit jusqu'à plus soif puis il rentre chez lui et là il fait absolument ce qu'il veut. À l'époque, on ne divorce pas.
Il n'existe aucune forme de protection contre la violence conjugale. Le viol marital est un sujet tabou. Mais à travers le prisme de l'alcoolisme et de ses effets sur les hommes, on peut en parler. 5 avril 1840,
six amis, tous gros buveurs se retrouvent dans une taverne de Baltimor. Ensemble, ils font le serment de ne plus jamais boire une seule goutte d'alcool et cré ce qu'ils appellent fièrement une société de buveurs repentis à laquelle il donne le nom du premier président américain, George Washington.
La nouvelle se répand. Bientôt d'autres sociétés washingtoniennes voient le jour dans chaque état. À travers le pays, des milliers d'alcooliques, souvent émus aux larmes, participent à des réunions où ils confessent leur vis et font la promesse de ne plus boire.
Au total, plus de 500000 hommes signent ce serment d'abstinence. Les membres des sociétés washingtoniennes racontaient leur vécu à leur père et à ceux qu'ils voulaient convaincre. C'était une démarche forte, très personnelle. Il n'avait pas de figure autoritaire qui vous dictait votre conduite du haut d'une chair.
C'était un face-àface. La méthode déplaît fortement au pasteur. Il dénonce le caractère blasphématoire des Washingtoniens qui ose prétendre remettre leur compagnons d'infortune sur le droit chemin sans passer par l'église.
Les États-Unis sont une nation tout juste naissante mais déjà soumise à un vent de réforme nourri par le réveil des églises protestantes. Les croyants sont appelés à débarrasser le pays du péché sous toutes ses formes. Les réformateurs en croisade contre l'esclavage voient la boisson et ses ravages sur les individus, leur famille et la communauté comme un fléo tout aussi honteux et dégradant.
Adepte de la tempérance, il commence par plaider la modération et ne fustige que les alcools forts comme le RH ou le whisky. Mais très vite, de nombreuses voix s'élèvent pour exiger le régime sec, l'abstinence totale avec un grand T.
De nouvelles organisations adossées aux églises voient le jour. Les fils de la tempérance, les chevaliers de Jéricho, les Templiers de l'honneur et de la tempérance, l'ordre indépendant des bons templiers. Les femmes étaient les piliers de ces organisations. C'est dans ces mouvements que les femmes américaines ont pour la première fois eu voie au chapitre.
On les appelait presque toujours des auxiliaires. Leur rôle était d'apporter leur soutien. Pendant que les hommes étaient au travail à la taverne ou en train de traîner, les femmes, elles s'organisaient. Il y a cette foi dans l'idée que la nature humaine est perfectible, que l'homme peut atteindre la perfection
et l'alcool et le verre dans la pomme. Sans lui, on pourrait avoir un mariage heureux, un mari idéal, une communauté parfaite. L'alcool va devenir une sorte de bouc émissaire de tous les échecs de la société.